La Vallée du Paradis

Sur les cartes les plus anciennes que nous avons retrouvées, le paysage est encore largement ouvert.

Le Gave dessine ses méandres. Les terres s’étendent autour de la rivière, avec leurs champs, leurs prairies et leurs anciens potagers, qui nourrissaient sans doute les familles du quartier.

Et juste en face, au bord du Gave, on peut imaginer une autre scène de la vie quotidienne : des femmes venant laver leur linge dans la rivière, comme cela se faisait autrefois dans de nombreux villages et villes.

Il faut alors imaginer Lourdes autrement.

Pas encore la ville telle que nous la connaissons aujourd’hui, mais un paysage vivant, où l’eau, les terres cultivées et les chemins faisaient partie du quotidien.

Plus loin, le château fort domine la vallée.

Et au milieu de ce paysage apparaît un nom qui intrigue :

le Paradis.

Pourquoi « Paradis » ?

Était-ce simplement un nom donné à un endroit particulièrement agréable, verdoyant, proche de l’eau ?

Évoquait-il un lieu connu des habitants depuis bien plus longtemps ?

Ou se cache-t-il derrière ce nom une histoire que les cartes, à elles seules, ne peuvent plus nous raconter ?

Nous ne le savons pas encore.

Mais ce qui est certain, c’est que le nom était là bien avant l’hôtel.

Et peu à peu, le paysage va changer.

De la vallée au chemin

Avec le développement de Lourdes, les espaces ouverts se transforment. Les chemins apparaissent, les constructions gagnent du terrain et la ville s’étend.

Sur un plan de 1907, le nom a déjà évolué :

la Vallée du Paradis est devenue le Chemin du Paradis.

La vallée devient un chemin.

Puis le chemin deviendra une esplanade.

Et, bien plus tard, une adresse :

20, Esplanade du Paradis.

Le nom, lui, aura traversé le temps.

Et c’est dans ce lieu en pleine transformation qu’une femme va, quelques décennies plus tard, écrire la première grande page de notre histoire.

Dans les années 30, Sidonie Capber fera construire un hôtel.

Mais ce ne sera pas n’importe quel hôtel.

Son nom nous conduira vers un autre lieu qui occupait une place particulière dans sa vie :

Notre-Dame de Piétât et du Paradis