Une histoire de famille

Sidonie Capber, à l’origine de l’histoire…

Née en 1885 à Fréchou-Fréchet, dans les Hautes Pyrénées, Sidonie grandit au sein d’une famille de dix enfants. Nous connaissons quelques éléments de son parcours, mais une grande partie de sa vie reste encore à découvrir.

Dans les années 1930, elle fait construire cet hôtel dans la Vallée du Paradis, à Lourdes. Et lui donne un nom qui, lui non plus, ne semble pas avoir été choisi au hasard:

Notre Dame de Piétât et du Paradis.

Le Paradis, celui où elle a choisi de bâtir. Et Piétât, ce sanctuaire marial auquel elle était particulièrement attachée.

À travers ce projet, Sidonie ne construit pas seulement un bâtiment. Elle crée un lieu destiné à accueillir, à vivre et à s’inscrire dans le temps. À une époque où les femmes avaient bien moins de possibilités de décider de leur propre destin, certaines avaient trouvé dans l’hôtellerie un espace où elles pouvaient travailler, gérer, entreprendre et construire leur propre vie.

À Lourdes, cette réalité avait une dimension particulière.

Depuis plusieurs décennies, la ville accueillait des pèlerins venus de tous horizons. Les hôtels, pensions et maisons d’hôtes se multipliaient autour des sanctuaires. Derrières leurs façades, il fallait préparer les chambres, servir les repas, tenir les comptes, traiter avec les fournisseurs et accueillir les voyageurs.

Et bien souvent, derrière tout cela, il y avait une femme.

L’histoire de l’hôtel commence ainsi avec elle.

Sylvain Cazenave

Sylvain Cazenave était le neveu de Sidonie.

À sa mort, dans les années 50, c’est lui qui reprend l’hôtel Notre Dame de Piétât et du Paradis. À partir de là, le lieu entre dans une nouvelle époque, toujours au sein de la même famille.

On sait peu de choses de Sylvain. Pourtant, son nom est resté attaché à cet hôtel pendant près de trois décennies.

Il y a quelque chose d’assez particulier dans cette histoire : un lieu peut changer de mains, traverser les années, connaître des périodes heureuses et d’autres beaucoup plus difficiles, et pourtant continuer à porter la mémoire de ceux qui l’ont fait vivre.

En décembre 1989, Sylvain vend finalement l’hôtel à mes parents.

C’est à ce moment-là que notre famille entre dans cette histoire à son tour.

Et sans le savoir, mes parents ne faisaient pas que devenir propriétaires d’un hôtel.

Ils entraient dans une histoire familiale commencée bien avant eux — une histoire dont ils allaient, eux aussi, écrire un chapitre.

Monique Abbadie

En décembre 1989, elle achète avec son mari Thomas Illarramendi l’hôtel à Sylvain Cazenave, mais c est elle qui l’exploite.

À cette époque, elle ne sait probablement pas encore tout ce que ce lieu va représenter pour notre famille.

Elle découvre un hôtel chargé d’histoire, marqué par les générations qui l’ont précédé, mais aussi un bâtiment qui demande déjà beaucoup d’attention et de travail.

Pour eux, c’est le début d’un nouveau chapitre.

Ils y mettent toute leur énergie, leurs projets et leurs espoirs. Ils le rénovent entierement.

Ils deviennent donc à leur tour les gardiens d’un lieu qui, depuis Sidonie puis Sylvain, semblait destiné à rester dans une histoire de famille.

Mais les années qui suivent ne seront pas toujours à la hauteur de leurs espérances.

L’hôtel finira par fermer ses portes en 2006.

Et pourtant, même fermé, il ne disparaîtra jamais vraiment de notre histoire…

Transformant celle-ci en un véritable parcours juridique.

Aujourd’hui, près de 90 ans plus tard, nous revenons sur cette histoire avec une question essentielle :

comment donner un nouvel avenir à ce lieu sans perdre ce qui en fait son âme ?